Plus de mille chevaux auraient été illégalement abattus pour la consommation humaine
La relève et La peste2 min de lecture
Sur ordre d’un juge belge, 200 agents ont mené 24 perquisitions en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Irlande, où des propriétaires auraient abusivement orienté des chevaux vers la boucherie.
Coordonnée par l’office européen Europol, l’enquête concerne une fraude massive à base de documents falsifiés et de modifications des puces électroniques des chevaux. Deux des trois suspects interpellés lors des perquisitions en Belgique ont été incarcérés.
Les enquêteurs soupçonnent « un commerce à grande échelle de chevaux dont l’identité et le pedigree auraient été falsifiés afin de permettre leur déplacement et leur revente à travers l’Europe », d’après Europol.
Faire reconnaître l’animal en cheval de boucherie augmente sa valeur. Cette fraude porte atteinte aux systèmes de traçabilité conçus pour protéger le bien-être animal et la sécurité alimentaire.

Agents Europol sur le terrain
« Ce manège bien rodé permet aux fraudeurs d’engranger des millions d’euros de profit avec un risque de sanction minimal : souvent à peine quelques mois de prison (quand cela va jusqu’au procès) », dénonce l’ONG foodwatch France dans un communiqué.
En France, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) a mené sept perquisitions dans le Gard, en Saône-et-Loire, Mayenne, dans la Sarthe, en Gironde et Haute-Saône.
« Ce trafic concerne des chevaux de loisirs qui ont reçu des traitements médicamenteux et n’auraient jamais dû être consommés. On ignore sous quelle forme on en a mangé, dans la composition de quels produits transformés. Surtout, depuis quand ce manège dure-t-il ? On a le droit de savoir. L’opacité pour les consommateurs est insoutenable, elle sème le doute et entame la confiance », commente Ingrid Kragl, directrice de l’information de foodwatch et autrice du livre-enquête « Manger du faux pour de vrai. Les scandales de la fraude alimentaire » (éd. Robert Laffont).
En France, si la consommation de viande de cheval a chuté depuis l’affaire dite des ‘lasagnes à la viande de cheval’, le pays a encore importé 5 258 tonnes de viande de cheval en 2025 et en a exporté 2 169 tonnes, selon les chiffres de FranceAgriMer.
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