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« Pervert glasses » : la révolte des femmes contre les lunettes Meta / Ray-Ban

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« Pervert glasses » : la révolte des femmes contre les lunettes Meta / Ray-Ban
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L’IA au service du harcèlement de rue

Lancées en 2021, les lunettes connectées Ray-Ban Meta intègrent une caméra dans leur monture. Leurs ventes ont franchi les 7 millions en 2025, plus du triple de l’année précédente.

Aux États-Unis comme en Europe, la colère se fait entendre. De nombreux internautes et collectifs féministes dénoncent l’utilisation déviante de ces lunettes connectées par les sphères masculinistes, notamment via les « pick up artists ». Ces adeptes de techniques de séduction agressive en public filment et diffusent lers interactions sur les réseaux sociaux, sans le consentement des femmes.

Pour les féministes et victimes, les lunettes connectées ne sont que des « pervert glasses », “des lunettes de pervers”.

Une coalition internationale regroupant des organisations féministes et des structures de défense des droits civiques et numériques — incluant des groupes influents comme Fight for the Future et l’ACLU — se mobilise. Ensemble, elles dénoncent le développement de technologies de surveillance intrusive par Meta et exigent des mesures de protection strictes pour le public.

D’après une étude menée par des chercheurs spécialisés en technologies immersives de l’Université de Sydney, sur plusieurs centaines de vidéos, près de 60% des interactions de rue filmées à l’insu des passantes présentaient des comportements assimilables à du harcèlement (refus manifeste ou inconfort évident de la victime ignoré par l’auteur).

Pire encore, dans 43% de ces vidéos, les femmes piégées ont vu leurs données personnelles exposées, ou ont subi des commentaires sexistes et dégradants en ligne.

Meta et le consentement 

Le malaise dépasse largement le cadre des incivilités numériques, et touche à la responsabilité structurelle des géants de la tech. Des chercheurs en cybercriminalité pointent du doigt la stratégie de Meta, accusée de minimiser sa part de responsabilité en rejetant systématiquement la faute sur les utilisateurs individuels.

Face à la pression, Adam Mosseri, le responsable d’Instagram, a annoncé en juillet 2026 de nouvelles mesures visant à supprimer les vidéos de harcèlement de rue tournées avec ces accessoires, et à bannir des comptes majeurs de créateurs cumulant plus d’un million d’abonnés.

Problème : des enquêtes ont révélé que des centaines de vidéos similaires restaient actives en ligne, illustrant l’inefficacité de ces modérations tardives.

De plus, l’éthique du produit est douteuse. En mars 2026, une enquête conjointe des journaux suédois Svenska Dagbladet et Göteborgs-Posten, a révélé que des sous-traitants de Meta basés au Kenya ont eu accès à des images intimes capturées par les utilisateurs (nudité, rapports sexuels, scènes de toilettes), entraînant de lourdes actions en justice pour publicité mensongère et violation de la vie privée.

Boycott de la tech intrusive ?

Face à la polémique, de nombreux établissements (restaurants, théâtres, pubs…)  ainsi que des institutions judiciaires ont interdit formellement le port de ces montures dans leurs enceintes pour préserver la quiétude du public.

En France, la CNIL a publié un plan d’action sur les lunettes connectées. Diffuser l’image d’une personne captée sans son consentement dans un espace privé est passible d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende.

Alors que de nombreux fans de gadgets connectés laissent désormais leurs lunettes au fond d’un tiroir, cette mobilisation force à repenser les limites de l’intrusivité technologique dans l’espace public.

Portée par les associations féministes, cette vague de boycott des Meta Glasses vient briser l’impunité des géants de la tech face aux dérives de leurs produits, et conscientiser l’acheteur dans ses consommations.

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