Athena
Article · La relève et La peste

“Nuisibles” : Le gouvernement veut faire abattre 1,7 million d’animaux par an malgré l’absence de preuves scientifiques

La relève et La pesteLa relève et La peste2 min de lecture
“Nuisibles” : Le gouvernement veut faire abattre 1,7 million d’animaux par an malgré l’absence de preuves scientifiques
Source
Taille du texte

Une politique de destruction sans preuve scientifique

Pour la période allant d’août 2023 à août 2026, la liste des ESOD de catégorie 2, qui concerne les espèces indigènes, comprenait la belette d’Europe, la fouine, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes, l’étourneau sansonnet, le renard roux et la martre des pins. Cette dernière a finalement été retirée de cette liste en mai 2025 à la suite d’ une décision du Conseil d’État, en raison de l’absence de données de suivi de l’espèce.

Au moins 1,7 million d’animaux abattus chaque année

Chaque année, au moins 1,7 million d’animaux sont abattus dans le cadre d’une politique publique de régulation des espèces. Cette dernière vise officiellement à préserver la santé et la sécurité publique, protéger la flore et la faune sauvage, prévenir des dommages aux activités agricoles. Les individus des espèces concernées peuvent être abattus toute l’année, en dehors des périodes de chasse, y compris par déterrage en ce qui concerne les renards.

Arrivant à échéance en 2026, le gouvernement devait se prononcer sur la reconduction de ce dispositif largement contesté par les scientifiques et les associations de protection de la nature mais soutenu par la Fédération nationale des chasseurs. Cette dernière conteste les résultats présentés par le Muséum National d’Histoire Naturelle et dénonce une «  étude idéologique » et  « un outil militant, destiné à peser sur le débat public. »

Le retour controversé de la martre des pins

Soumis à consultation publique jusqu’au 30 juillet, le projet d’arrêté reprend la même liste d’espèces que pour la période 2023-2026, y compris la martre des pins : le ministère estimant que « les éléments de suivi ont été actualisés »  et « font apparaître un état de conservation favorable de l’espèce ». 

Des recommandations officielles ignorées

Outre l’étude du MNHN, le ministère de la Transition écologique aurait pourtant pu s’appuyer sur un rapport de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), qui recommandait en 2024 « de ne pas reconduire l’arrêté triennal lorsqu’il arrivera à échéance ». Les agents de ce service, sous tutelle de ce même ministère de l’Écologie, préconisaient notamment « d’abandonner le principe d’une destruction systématique d’une espèce susceptible d’occasionner des dégâts au profit de l’élimination du ou des individus identifiés au cas par cas ». Ils recommandaient plutôt de « soutenir les travaux sur les méthodes de régulation alternatives à la mise à mort et encourager les expérimentations territoriales ». 

Ailleurs en Europe, la prévention avant la destruction

« Dans de nombreux pays européens (Allemagne, Pologne, Espagne, etc.), les interventions sont davantage ciblées, plus proportionnées et fondées sur des situations localisées, explique la LPO, qui se positionne contre ce classement. Les mesures de prévention et de protection y sont privilégiées, voire obligatoires, avant toute destruction d’animaux. Ces approches obtiennent souvent de meilleurs résultats, tout en limitant les impacts sur la faune sauvage ».

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à réagir.