Défaite d’Orbán : la Hongrie a-t-elle trouvé son Tony Blair ?
Le Vent Se Lève17 min de lecture
Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le premier ministre hongrois Viktor Orbán est monté sur scène pour prononcer son premier discours de défaite en vingt ans. Son concurrent Peter Magyar, devant une foule imposante massée sur les rives du Danube, fort de sa super-majorité (136 sièges sur 199 et 52 % des voix, avec une participation record de 79,5 % des électeurs), a inscrit sa victoire dans le sillage des Révolutions de 1848 et 1956. Il a annoncé un « changement de régime », appelé des figures clés de l’État (qualifiées de « marionnettes ») à démissionner : le Président de la République, le président de la Cour suprême, le président de l’Office national d’audit de Hongrie, etc[i]. Ce genre de déclarations, dont Magyar s’est fait une spécialité, résonnent à merveille dans un imaginaire historiquement épris de révoltes. L’étude de ses orientations programmatiques et de son entourage suggère pourtant une évolution beaucoup plus douce, en continuité avec le régime qu’Orbán et le Fidesz ont construit en seize années de pouvoir.
Magyar émerge dans un cadre hégémonique intact
Lorsqu’on lui demandait quel était son plus grand succès politique, Margaret Thatcher répondait simplement : « Tony Blair ». Elle signifiait par-là que la pénétration politique et culturelle du régime néolibéral dont elle avait l’architecte était telle que ses adversaires politiques l’avaient repris à leur compte pour en poursuivre l’édification sous de nouveaux atours.
L’émergence fulgurante de Péter Magyar sur la scène politique hongroise n’est pas sans rappeler cette anecdote. Apparatchik du Fidesz ayant œuvré comme diplomate à Bruxelles et à la direction de divers organismes publics, il accède à la notoriété en février 2024 après avoir dénoncé, dans une entrevue devenue virale, la corruption qui sévit au sein de l’État et du gouvernement[ii].
Celui-ci est alors en proie à un important scandale concernant une grâce présidentielle accordée à un cadre ayant couvert les sévices sexuels de son supérieur dans un foyer pour enfant. La révélation mène à la démission de la Présidente de la République Katalin Novák et au retrait de la vie politique de l’ex-ministre de la Justice Judit Varga, qui se trouve aussi à être, depuis moins d’un an, l’ex-femme de Magyar.
Dans une large mesure, le discours de Magyar ne diffère guère de celui d’Orbán, empreint d’une culture politique façonnée au sein du Fidesz
C’est dans ce contexte que ce dernier se pose comme principale figure d’opposition à Orbán[iii]. Après avoir multiplié des manifestations et rassemblements très courus, il transforme l’essai en présentant une liste aux élections européennes de juin 2024 sous l’étiquette du parti Tisza (l’une des rivières emblématiques du pays et l’acronyme de « Respect et liberté »), et en y récoltant 29,6% des voix. Dans une large mesure, le discours de Magyar ne diffère guère de celui d’Orbán, témoignant d’une culture politique façonnée au sein du Fidesz, dont il reconduit les fondamentaux : nationalisme, néolibéralisme hétérodoxe, non-alignement pragmatique en matière internationale et conservatisme sociétal.
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Ainsi, Magyar revendique de défendre la souveraineté nationale, parsème ses discours de références historiques et de citations des poètes nationaux-populaires. Ses rassemblements se parent de drapeaux et de cocardes tricolores, symboles que la gauche libérale avait abandonnés aux partisans du Fidesz depuis les élections législatives de 2002.
Il reprend aussi à son compte les politiques du parti au pouvoir quant aux minorités magyarophones des pays limitrophes (comme l’attribution de la citoyenneté et du droit de vote), qui jusque-là avaient été un des casus belli des principaux opposants à Orbán[iv]. Sujet d’importants contentieux avec Bruxelles, la politique migratoire restrictive du Fidesz reçoit aussi le soutien du chef du Tisza, qui, durant les législatives de 2026, radicalise cette posture en promettant de mettre rapidement fin au recours aux travailleurs détachés extraeuropéens, soutenant que ceux-ci contribuent à une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail[v].
Sur le plan économique, Magyar soutient la flat-tax instaurée par Orbán tout comme son interventionnisme ciblé dans l’économie, qui par exemple garantit l’accès à une énergie bon marché pour les ménages. Au niveau géopolitique, il épouse sur le fond la posture d’indépendance affichée par Orbán au sein de l’Union européenne et son non-alignement par rapport à la guerre en Ukraine (refus des livraisons d’armement et d’une escalade militaire avec la Russie, et rejet d’une intégration accélérée de l’Ukraine à l’UE), tout en prônant une approche moins conflictuelle et plus collaborative[vi].
Magyar soutient aussi les politiques natalistes du Fidesz – au demeurant peu efficaces – bénéficiant principalement aux classes moyennes supérieures (puisque basées sur le crédit et des exemptions fiscales…) tout comme le soutient au développement des écoles confessionnelles[vii]. Et, lorsque le Fidesz cherche à le piéger dans un débat sur les minorités de genre en interdisant la Pride de Budapest à l’été 2025, il se contente de défendre le droit de manifester sans se présenter à l’évènement qui se tient malgré tout.
Ainsi, Magyar s’oppose moins à « l’orbánisme » qu’il ne propose de remplacer Orbán[viii]. Cela lui permet de rassembler l’électorat traditionnel de l’opposition libérale, dont le rejet du premier ministre et de son parti est devenu le principal liant électoral, tout en s’adressant aux électeurs déçus du Fidesz, qui s’en sont détournés au cours d’un dernier mandat marqué par le marasme économique et le délitement de plus en plus évident des services publics, rendant les pratiques de corruption du régime d’autant plus insupportables.
Les législatives de 2026 : d’un populisme l’autre
« Une Hongrie humaine et fonctionnelle » : le titre du programme du Tisza, repris comme slogan par Magyar dans ses rassemblements, illustre avec clarté cette stratégie populiste visant à rassembler un peuple floué contre un système en déliquescence. Le qualificatif « fonctionnel » pointe vers les défaillances des services publics et de l’économie, et l’évocation d’une Hongrie « humaine » vers une politique au service des gens ordinaires plutôt que des amis du régime. Elle renvoie aussi à une volonté de sortir de la polarisation exacerbée de la vie politique qui affecte le pays depuis les années 1990 et qui exaspère une bonne partie de l’électorat, de gauche comme de droite. Ironiquement, cet engagement n’empêche pas Magyar et ses partisans de recourir à une rhétorique clivante contre leurs adversaires, les qualifiants alternativement de « traîtres à la patrie », de « mafieux » ou de « mercenaires russes ».
Entre le détail du programme électoral et l’équipe assemblée autour du nouveau premier ministre se dessinent des voies contradictoires
En face, le Fidesz, qui a fait de ce genre de procédés l’une de ses marques de fabrique, s’est lancé dans la campagne électorale en manque d’inspiration. Chacune de ses réélections précédentes s’étaient appuyées sur des thèmes de campagne lui permettant de déployer pleinement sa stratégie nationale-populiste : contre les multinationales et l’orthodoxie économique de Bruxelles (2014), contre l’immigration massive (2018) et contre la guerre contre la Russie (2022) qui seraient voulues par les forces mondialistes.
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À chaque fois, le Fidesz pouvait aussi agiter l’épouvantail d’un retour au pouvoir des élites libérales, dont les gouvernements de la période 2004-2010 avaient dégoûté nombre d’électeurs. Or, leurs partis étaient sortis profondément affaiblis et décrédibilisés des élections législatives de 2022, et Magyar a affirmé d’entrée de jeu son refus de faire alliance avec eux.
Devant la grogne incarnée par Magyar et le Tisza, et dans un contexte où l’alliance avec Donald Trump n’a pas porté les fruits espérés (au premier chef, la fin de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie), Orbán et ses troupes n’ont pas su trouver un angle d’attaque efficace contre leur adversaire, des responsables du Fidesz expliquant que cela leur était rendu difficile par le fait qu’ils se reconnaissaient eux-mêmes en Magyar[ix].
Faute de mieux, ils se sont rabattus sur une approche essentiellement défensive, tentant de dépeindre le chef du Tisza et son entourage comme des agents bruxellois et alertant du danger que les acquis de « l’orbánisme » (refus de la guerre, accès à l’énergie bon marché, taxation des banques et des multinationales étrangères) soient effacés en cas de défaite.
Cette stratégie aurait pu être validée par la tournure prise par la campagne électorale, en grande partie focalisée sur des thèmes régaliens ou internationaux. Aux accusations d’ingérences russes en faveur d’Orbán et bruxelloises et ukrainiennes en faveur du Tisza, a succédé la publication d’échanges téléphoniques entre le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó et son homologue russe Sergueï Lavrov[x], puis les sorties successives d’un enquêteur du Bureau national d’enquête et d’un gradé de l’armée pour dénoncer respectivement l’usage politique des services secrets contre des militants du Tisza[xi] et le degré élevé d’insatisfaction dans les rangs de l’armée[xii].
L’on aurait pu penser que ce type de thématique de campagne, mis de l’avant aux dépens des enjeux socioéconomiques et institutionnels qui avaient fait le succès de Magyar dans les mois précédents, pourrait in fine favoriser le Fidesz, en validant son approche centrée sur la défense des intérêts nationaux face aux ingérences étrangères. Au contraire, cela semble avoir joué en faveur du discours du Tisza, l’ensemble de ces éléments dressant le portrait d’un État corrompu et dysfonctionnel jusque dans ses secteurs les plus stratégiques.
Surtout, une étude de l’Institut de Sociologie de l’Université Eötvös Loránd réalisée à l’automne 2025 suggère que le résultat de l’élection était peut-être acté depuis longtemps[xiii]. Elle montre un appauvrissement dramatique de la population hongroise au cours des 4 dernières années, avec un émiettement vers le bas des catégories de revenus supérieurs (passés de 9 à 5% de la population) et moyens supérieurs (passés de 24 à 14%), alors que la catégorie des bas revenus s’élargissait considérablement (de 31 à 43%).
Magyar a réitéré son engagement de diversifier progressivement les sources d’approvisionnement énergétique du pays sans toutefois renoncer aux apports russes
À ce moment-là, les chercheurs observaient déjà une avance électorale du Tisza, particulièrement prégnante chez les moins de 58 ans et dans les catégories moyennes et supérieures. Durant la campagne, Orbán s’est adressé aux ouvriers, aux électeurs des communes rurales et aux catégories les plus pauvres, un électorat qui lui était précédemment acquis, admettant que sans leur appui, le Fidesz pourrait être déstabilisé[xiv]. Effectivement, le soir du scrutin, la carte électorale a basculé en faveur du Tisza, y compris dans les communes de province et les milieux ruraux.
Un « orbánisme » à visage humain ?
Ainsi, les grandes orientations mises de l’avant durant les deux dernières années par le Tisza indiquent une forte continuité avec les politiques du Fidesz, qui, si elles étaient maintenues, pourraient bien faire de Péter Magyar le « Tony Blair » de Viktor Orbán. Cependant, entre le détail du programme électoral et l’équipe assemblée autour du nouveau premier ministre, se dessinent des avenues contradictoires.
Ainsi, le programme du Tisza rehausse les points fondamentaux de « l’orbánisme » avec des engagements (non chiffrés et souvent vagues) à saveur sociale-démocrate : hausse des retraites et des allocations familiales, introduction d’une tranche d’impôt plus basse pour les bas salaire, taxation des gros patrimoines, renforcement des droits syndicaux et du Code du travail, réinvestissements massifs dans les services publics, soutien prioritaire aux TPE et aux PME, restauration des contre-pouvoirs, etc[xv]. Si ce programme devait être appliqué dans ses grandes lignes, il pourrait être approprié de parler d’un « orbánisme à visage humain » qui, plutôt que de renverser le régime, le réformerait pour répondre aux demandes populaires.
Reste à voir comment le gouvernement entend parvenir à ce résultat. Selon Magyar[xvi], le financement de ces promesses serait dans un premier temps en partie assuré par le retour des milliards d’euros de fonds européens gelés depuis la fin de l’année 2022. Cause officielle : les diverses atteintes à « l’État de droit » du gouvernement Orbán[xvii].
Or, selon le Financial Times, dès le lendemain de l’élection, des diplomates bruxellois laissaient savoir qu’ils entendaient « doubler la mise » dans les négociations avec leurs nouveaux homologues hongrois. Le dégel des fonds serait ainsi conditionné par un programme en 27 points (incluant des réformes institutionnelles, mais aussi d’autres enjeux comme le traitement des demandeurs d’asile), avec, comme préalable potentiel, que le veto exercé par la Hongrie sur un prêt supplémentaire de 90 milliards d’euros à l’Ukraine soit rapidement levé, ce à quoi Magyar a ouvert la porte[xviii].
L’on peut alors se demander si ce préalable est révélateur d’autres motivations derrière le gel en question. En effet, alors que les cas de corruption et d’atteintes à « l’État de droit » par le gouvernement hongrois étaient connus depuis longtemps, l’UE a gelé ses transferts au moment où le gouvernement hongrois s’opposait au soutien militaire à l’Ukraine et à l’escalade avec la Russie…
Si cette hypothèse était avérée, alors la nature des négociations à venir entre Budapest et Bruxelles pourrait avoir une tournure géopolitique. En ce sens, les profils de deux candidats vedettes du Tisza interrogent. D’un côté, la future ministre des Affaires étrangères, Anita Orbán (sans lien de parenté avec l’ex-premier ministre), a travaillé comme diplomate spécialisée dans les questions d’énergie pour le gouvernement du Fidesz jusqu’en 2015, avant de se retirer sur fond de désaccord quant au resserrement des liens énergétiques avec la Russie[xix]. Elle a par la suite occupé un poste de direction à Tellurian LNG, une entreprise étatsunienne se spécialisant dans l’exportation de gaz naturel liquéfié[xx]. En parallèle, István Kapitány, qui héritera vraisemblablement d’un portefeuille économique, a été vice-président de la multinationale Shell jusqu’en 2024[xxi].
Durant la campagne électorale, les médias proches du Fidesz ont pointé ces nominations pour brandir le spectre d’un renoncement rapide à l’approvisionnement en gaz et en pétrole russe bon marché, de la fin du blocage des prix du carburant et d’une privatisation des entreprises publiques de distribution d’énergie[xxii], ce qui a été démenti par le Tisza[xxiii]. Après l’élection, Magyar a réitéré son engagement de diversifier progressivement les sources d’approvisionnement énergétique du pays sans toutefois renoncer aux apports russes[xxiv].
Toutefois, dans une entrevue accordée à la radio publique, il a rapidement affirmé vouloir poursuivre le blocage des prix du carburant avant de vanter l’approche polonaise consistant plutôt à en baisser les taxes[xxv] – ce qui fait peser le poids de la hausse des prix sur les caisses de l’État plutôt que sur les profits des multinationales.
Deux lignes se dessinent ainsi au sein du futur gouvernement Magyar, qui ne seront pas sans conséquence sur ses relations avec l’UE et ses politiques publiques. D’un côté, reconduire, même à bas bruit, la posture traditionnelle de « pays-traversier » entre Est et Ouest qui était fortement affirmée par Orbán, mais auquel se conformaient aussi les gouvernements de coalition socialistes-libéraux des années 2000. De l’autre, rompre avec cette approche pour se tourner résolument vers l’UE et mettre fin aux « confrontations continuelles » avec les alliés occidentaux, comme l’a affirmé Anita Orbán[xxvi].
L’adhésion éventuelle à la zone euro, qui figure au programme du Tisza aux côtés de ses engagements souverainistes et sociaux-démocrates, pointe aussi dans cette direction[xxvii], tout comme dans celle d’une rupture avec le néolibéralisme hétérodoxe du Fidesz.
Ces deux orientations recoupent les deux portions de l’électorat de Magyar, avec d’un côté les ex-partisans de l’opposition libérale et les électeurs progressistes des zones urbaines, et de l’autre les déçus du Fidesz et les électeurs de province. En ce sens, le choix[xxviii], probablement inévitable, entre un « orbánisme à visage humain » ou un « orbánisme à visage européen » ne sera pas sans conséquences économiques, sociales et politiques. D’ailleurs, au lendemain des élections, Viktor Orbán diffusait un message vidéo sur les réseaux sociaux, pour rappeler que fort de ses 2,3 millions de votes (39,53% des voix), le « camp national » entendait « se remettait au travail ».
Notes :
[i] Népszava, « Magyar Péter: Felszólítom a leköszönő miniszterelnököt, hogy semmilyen olyan döntést ne hozzon, amely megkötné a következő kormány kezét », (12 avril 2026) : https://nepszava.hu/3318629_magyar-peter-tisza-part-parlamenti-valasztas-2026-gyozelmi-beszed
[ii] Partizán, « EXKLUZÍV: Varga Judit exférje a pedofilbotrányról, Rogán Antalról és a fideszes törésvonalakról », (11 février 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=8cJulnczg2E&pp=ygUXbWFneWFyIHDDqXRlciBwYXJ0aXrDoW4%3D
[iii] La figure de l’ex-apparatchik prenant la tête de la contestation populaire n’est pas nouvelle dans l’histoire hongroise. Le premier ministre Imre Nagy, figure de proue de la Révolution de 1956 contre le régime stalinien et l’occupation soviétique, était issu du Parti unique et promettait un « socialisme à visage humain ». C’est également à partir de ses rangs que des réformateurs démocrates et libéraux ont lancé, à la fin des années 1980, les réformes conduisant à la fin du socialisme d’État et au démantèlement du Rideau de fer.
[iv] Tisza, « A működő és emberséges Magyarország alapjai », (2026) : https://magyartisza.hu/program, p. 113
[v] Telex, Én leszek az, aki az ellenzék jogosítványait védeni fogja – interjú Magyar Péterrel », (6 avril 2026) : https://www.youtube.com/watch?v=dTXw1dJKr-s
[vi] Róbert Puzsér, « Puzsér Róbert diskurzusa Magyar Péterrel a nemzet sorsáról – moderál: Kóczián Péter | HARD TALK #31 », (1er mai 2024) : https://www.youtube.com/watch?v=jV9fjT8gGS8
[vii] Tisza, Op. cit., pp. 158,169
[viii] Le slogan électoral du Tisza, « Maintenant ou jamais », souligne cette orientation, en reprenant le vers d’un poème célèbre de Sándor Petőfi, le Chant national, lancé aux débuts de la Révolution de 1848. En effet, le vers précédent, « C’est le moment », avait servi de slogan au Fidesz lors de sa victoire électorale fondatrice de 2010.
[ix] András Szabó et András Pethő, « “The situation is tense” – How Orbán has tried overcome Fidesz’s internal crisis », (Direkt36, 30 octobre 2026) : https://nepszava.hu/3318629_magyar-peter-tisza-part-parlamenti-valasztas-2026-gyozelmi-beszed
[x] Wojciech Cieśla et al., « Kremlin Hotline: Hungary Colluded with Russia to Delist Sanctionned Oligarchs, Companies and Banks », (Vsquare, 30 mars 2026) : https://vsquare.org/kremlin-hotline-hungary-colluded-with-russia-to-delist-sanctioned-oligarchs-companies-and-banks/
[xi] András Pethő et Zsuzsanna Wirth, « Megszólal a nyomozó, aki belülről ismeri a Tisza elleni művelet ügyét », (Telex, 25 mars 2026) : https://telex.hu/direkt36/2026/03/25/megszolal-a-nyomozo-aki-belulrol-ismeri-a-tisza-elleni-muvelet-ugyet
[xii] Péter Urfi, « Pálinkás Szilveszter százados szerint a honvédség morális mélyponton van, Orbán Gáspár pedig nagyon meredek terveket osztott meg vele », (!!!444!!!, 2 avril 2026) : https://444.hu/2026/04/02/palinkas-szilveszter-szazados-szerint-a-magyar-honvedseg-moralis-melyponton-van-orban-gaspar-pedig-nagyon-meredek-terveket-osztott-meg-vele
[xiii] András Királys et Gergely Nyilas, « Úgy lecsúszott a magyar társadalom az elmúlt négy évben, hogy az ELTE kutatói nem hittek a szemüknek », (Telex, 19 mars, 2026) : https://telex.hu/belfold/2026/03/19/tarsadalmi-retegzodes-polgarosodas-rejtozkodes-partpreferencia
[xiv] HVG, « Orbán a Fidesz esélyeiről: „Ha a melósok, munkások, betanított és szakmunkások, közmunkások nem jönnek el elegendő számban választani, akkor el lehet csúszni” », (26 février 2026) : https://hvg.hu/itthon/20260226_orban-fidesz-esely-gyozelem-nem-politizalo-munkas-szavazas-reszvetel
[xv] Tisza, Op. cit.
[xvi] Dénes Csurgó, « Visszaszerzett EU-s pénzek, csökkentett áfa, kisegített kisvállalkozók – milyen gazdaságpolitikát ígért a Tisza? », (Telex, 13 avril 2026) : https://telex.hu/gazdasag/2026/04/13/tisza-kormany-gazdasagpolitika-adozas-koltsegvetes
[xvii] Roland Papp, « 400 milliárd forintnyi EU-s támogatást bukik el végleg Magyarország az év végén », (Népszava, 16 décembre 2025) : https://nepszava.hu/3305205_400-milliard-forint-europai-unio-kohezios-tamogatas-elveszett-penz-magyarorszag-korrupcio
[xviii] Henry For et al., « EU ties €35bn fund release to Hungary’s break with Orbán era », (Financial Times, 13 avril 2026) : https://www.ft.com/content/7c8b5371-313f-4db6-aec8-0d19c5535f8c?countryCode=CAN&multistepRegForm=multistep&syn-25a6b1a6=1
[xix] Dávid Sajó, « A Tisza új külügyi vezetője: Magyarország a Nyugathoz tartozik, és vége lesz a kompország státuszunknak », (Telex, 24 janvier 2026) : https://telex.hu/belfold/2026/01/24/a-tisza-uj-kulugyi-vezetoje-nem-bot-szeretnenk-lenni-a-kullok-kozott-hanem-kullo-a-kereken
[xx] Koi Tamás, « Kormányközeli szakembert igazolt a Vodafone vezetése », (HWSW, 5 janvier 2025) : https://www.hwsw.hu/hirek/62739/vodafone-vezetovaltas-fidesz-orban-anita.html
[xxi] HVG, « „Hagyni kell mindenkit nyerni” – Kicsoda Kapitány István, aki a Tisza-kormány minisztere lehet? », (17 janvier 2026) : https://hvg.hu/gazdasag/20260117_kapitany-istvan-shell-tisza-energia-menedzser-gazdasfejlesztes-miniszter
[xxii] Index, « Újabb tiszás dokumentum került nyilvánosságra, a tervezet szerint ezer forint fölé nőne az üzemanyag ára » (30 mars 2026) : https://index.hu/gazdasag/2026/03/30/csercsa-balazs-tisza-part-kapitany-istvan-mol-mvm-orosz-olaj/
[xxiii] Gábor Kovács, « A Fidesz azzal vádolja a Tiszát, hogy jó szakpolitikai elképzelései vannak », (HVG, 30 mars 2026) : https://hvg.hu/360/20260330_tisza-energetikai-terv-levalas-csercsa-cafolat-ertelmezes-fact-check#mnyvcyexbhc3i7qc12i
[xxiv] Marta Pacheco, « Magyar keeps door open to Russian energy despite EU phase-out plans », (Euronews, 13 avril 2026) : https://www.euronews.com/my-europe/2026/04/13/magyar-keeps-door-open-to-russian-energy-despite-eu-phase-out-plans
[xxv] Kossuth Rádió, « Magyar Péter a Kossuth Rádió Jó reggelt, Magyarország! műsorában (a teljes interjú) | 2026-04-15 », (15 avril 2026) : https://www.youtube.com/watch?v=YXw6AX_RDTs&pp=ygUdbWFneWFyIHDDqXRlciBrb3NzdXRoIHLDoWRpw7M%3D
[xxvi] Sarolta Székely, « Orbán Anita: Befejezzük a kompország-politikát », (24 janvier 2026) : https://444.hu/2026/01/24/orban-anita-befejezzuk-a-komporszag-politikat
[xxvii] Tisza, Op. cit., p. 66
[xxviii] Compte tenu du caractère hétéroclite des élus du Tisza et des soutiens de Magyar, et de l’instabilité politique que cela pourrait entraîner, il ne faut pas non plus exclure les hypothèses d’une reconduction de « l’orbánisme » dans une forme plus pure, mais avec des visages différents, ou encore d’une dérive vers une politique d’extrême centre 100% eurocompatible.
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