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Élections municipales : vers la fin des partis traditionnels ?

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Élections municipales : vers la fin des partis traditionnels ?
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Dernier scrutin avant la présidentielle, les élections municipales obéissent à des logiques différentes de la scène politique nationale, tant les enjeux et le périmètre des alliances varient d’une commune à l’autre. Si le Parti socialiste et Les Républicains espèrent conserver leur ancrage local, le Rassemblement national, la France insoumise et le camp présidentiel cherchent au contraire à nationaliser le vote et à s’implanter durablement dans le quotidien des Français.

Après le sursaut d’intérêt pour la politique nationale lors de la dissolution de l’Assemblée nationale à l’été 2024, l’absence de majorité et l’obstination d’Emmanuel Macron à nommer des ministres rejetés dans les urnes ont conduit à un blocage politique et à l’exacerbation des tensions. La mort récente d’un militant néonazi à Lyon, qui fait suite à une série de meurtres racistes ces derniers mois, illustre ce climat de plus en plus tendu. Dans cette ambiance moribonde, et en attendant la présidentielle l’an prochain, les Français sont largement méfiants et lassés des combats politiques au Parlement, comme l’a rappelé le baromètre annuel sur la confiance politique du CEVIPOF

Seuls les maires conservent encore la confiance d’une majorité de citoyens, grâce à leur proximité avec les citoyens. Avec près de 35000 communes pour 69 millions d’habitants, la France compte en moyenne un maire pour 2000 habitants, et des centaines de milliers d’élus locaux. Cette organisation territoriale héritée de la Révolution française rend difficile une analyse nationale des scrutins municipaux, tant les enjeux et les configurations diffèrent selon les villes et villages. Quant aux sondages, basés sur de petits échantillons, ils sont notoirement peu fiables pour cette élection.

Élections nationales et locales : le grand écart

Pourtant, la confiance et l’attachement des Français à leur maire est essentielle pour les partis politiques. Désavoués et absents dans les petites communes au profit de listes apartisanes ou citoyennes où les candidats ne sont pas encartés et mettent uniquement en avant leur attachement à la commune, ils ont l’occasion d’appliquer une part de leur programme dans les métropoles et villes moyennes, et ainsi de démontrer ou non leur capacité à transformer le quotidien des citoyens et à exercer le pouvoir à l’échelle nationale. Un point sur lequel les partis traditionnels, notamment le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR), et dans une moindre mesure le Parti Communiste Français (PCF), ont su capitaliser grâce à leur implantation sur tout le territoire depuis plusieurs décennies, et qu’ont tenté de répliquer les écologistes après leurs victoires en 2020 à Lyon, Strasbourg, Grenoble, Bordeaux, Besançon, Tours ou encore Poitiers…

LFI comme le RN rappellent dans leurs campagnes municipales que les gouvernements en place depuis 2024 sont soutenus à l’Assemblée par un bloc allant du PS à LR.

A l’inverse, les partis ayant recomposé le jeu politique français autour de trois blocs depuis la présidentielle de 2017 – le camp macroniste (Renaissance, Horizons et le MODEM), le Rassemblement national (RN) et la France insoumise (LFI) – restent très faiblement implantés localement. Un paradoxe qui s’explique par deux facteurs. D’une part, le précédent scrutin municipal s’est tenu en 2020, en pleine pandémie de COVID, conduisant la participation à chuter de près de 20% par rapport à 2014, avec 45% de votants au premier tour et 42% au second. L’électorat jeune et populaire s’étant très peu rendu aux urnes, les maires sortants qui se représentaient, souvent membres ou apparentés au PS ou à LR, ont très souvent été reconduits.

D’autre part, la percée assez récente de LFI et du RN les a conduit à remettre l’implantation locale à plus tard, leurs sections locales n’étant pas toujours assez nombreuses pour fournir suffisamment de candidats. Le parti macroniste, pourtant largement composé d’anciens barons du PS et de LR, a quant à lui largement échoué à s’ancrer sur le terrain, notamment en raison du rejet massif de sa politique néolibérale et de son mépris assumé pour les collectivités. L’ancien Premier ministre Edouard Philippe (2017-2020), lui-même maire du Havre, a néanmoins construit son parti Horizons en misant beaucoup sur l’ancrage local. 

Pour s’implanter durablement dans les communes, LFI, qui avait soutenu des listes citoyennes en 2020, et le RN, qui gère les villes d’Hénin-Beaumont (Nord), Fréjus (Var) et de Perpignan (Pyrénées-Orientales), comptent sur le calendrier : les municipales étant le dernier scrutin avant la présidentielle, ils espèrent « nationaliser » l’élection en surfant sur le rejet du gouvernement. Le RN mentionne très peu le bilan de ses maires dans la campagne, qui est assez critiquable : privatisation de nombreux services publics, fort renforcement des polices municipales, affrontement contre les associations qui ne partagent pas sa vision du monde, voire affaires de corruption

Bien que leurs visions du monde soient opposées, tant LFI que le RN rappellent régulièrement dans leurs campagnes municipales que les gouvernements illégitimes en place depuis 2024 sont soutenus à l’Assemblée par un bloc allant du PS à LR [1]. A l’inverse, les partis classiques ne mettent en avant que des enjeux locaux dans leur campagne. Ainsi, à Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire n’évoque jamais son mandat de député. Et pour cause : élu avec le Nouveau Front Populaire sur un programme de rupture avec le macronisme, il n’a jamais voté la censure du gouvernement dans lequel figure pourtant sa principale adversaire pour la mairie, la ministre LR Rachida Dati.

De fortes attentes, mais des pouvoirs limités

Si une part des électeurs voteront en fonction des étiquettes des candidats et de la vie politique nationale, les enjeux locaux restent évidemment au cœur de la campagne. Certains sujets sont des classiques de toute élection locale, comme la sécurité, la question des transports et de la place de la voiture, les services publics locaux ou l’environnement. La question du renforcement des polices municipales, dont les pouvoirs devraient être bientôt élargis, fait l’objet de vives discussions. Face à la demande de sécurité des citoyens, nombre de candidats promettent de renforcer les effectifs, d’armer leurs policiers municipaux et de multiplier les caméras de surveillance [2].

La gauche est divisée sur le sujet. Une majorité du PS y est favorable. Côté du côté des écologistes, certains maires ont par exemple fait le choix d’une police locale armée, comme à Bordeaux ou Lyon, tandis que d’autres s’y refusent et ne veulent pas plus de caméras, comme à Grenoble et Besançon. La France insoumise plaide elle pour une police municipale non-armée et cantonnée à un rôle de proximité pour rebâtir la confiance avec les citoyens. Des positions que la droite et l’extrême-droite attaquent sans relâche, accusant écologistes et insoumis de faire régner l’insécurité.

La gauche semble en revanche avoir gagné la bataille culturelle sur l’importance de la transition écologique au niveau local. Un récent sondage met ainsi en évidence un soutien très majoritaire, souvent à plus de 80%, pour la création de plus d’espaces verts, la rénovation des bâtiments communaux, le développement des transports en commun et du vélo ou des repas bio et à tarifs solidaires dans les cantines municipales.

Un enjeu très peu abordé par le passé a percé durant cette campagne : le logement.

Même la limitation de la circulation automobile est soutenue par 65% des sondés. Alors que le cliché d’une « écologie bobo » est souvent repris, les habitants des quartiers populaires y sont aussi favorables que la moyenne. Si les candidats de droite, comme Rachida Dati à Paris ou Jean-Michel Aulas à Lyon, continuent à faire une place centrale à la voiture dans leurs programmes, les réalisations récentes des grandes villes semblent donc avoir convaincu la majorité des citoyens. Il n’est cependant pas sûr que les écologistes, à l’origine de beaucoup de projets en ce sens – en tant que maires ou dans des majorités municipales – en bénéficient électoralement, les candidats du PS, de LFI et même parfois du centre étant désormais très volontaristes sur ces sujets.

Enfin, un enjeu très peu abordé par le passé a percé durant cette campagne : le logement. L’explosion des prix de l’immobilier, en particulier dans les grandes villes, y est pour beaucoup. La part du budget consacré au logement ne cesse d’augmenter, comme le nombre de sans-abris, qui a plus que doublé en 10 ans de macronisme et dépasse les 350.000 personnes.

Si une plus forte régulation des locations de tourisme type Airbnb est assez consensuelle, les autres réponses à apporter varient fortement de gauche à droite. La droite veut ainsi affaiblir la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux aux communes situées en « zones tendues » [3] et prône la dérégulation, par exemple en réautorisant la location de passoires thermiques [4] et la simplification des normes d’urbanisme au bénéfice des promoteurs. Le PS propose généralement le statu quo et l’application des lois existantes, comme le contrôle expérimental des loyers, qui permet à certaines villes de fixer des plafonds de loyers et aux locataires de demander un remboursement des excès à leurs propriétaires.

Un dispositif intéressant, mais basé sur la moyenne des prix du marché et qui fait l’objet de trop peu de contrôles, ce qui limite sa capacité à stopper l’envolée des prix. La France insoumise, et dans une moindre mesure les communistes et les écologistes, veulent aller plus loin en réalisant beaucoup plus de contrôles, en utilisant davantage le droit de préemption et en réquisitionnant les logements vides pour loger les personnes à la rue [5]. Une mesure possible depuis l’après-guerre, mais qui nécessite l’aval des préfets, qui bloquent toute tentative depuis des années.

Sur de nombreux points, les maires français sont en effet de plus en plus contraints. Si l’Etat leur a transféré de nombreuses compétences depuis les premières lois de décentralisation des années 1980, les moyens financiers n’ont guère suivi. La dotation générale de fonctionnement, un transfert de l’Etat vers les collectivités, n’est en effet pas indexée sur l’inflation et est de plus en plus rabotée : elle a encore baissé de 2 milliards cette année suite au budget soutenu par le PS, LR et le camp présidentiel, tandis que le RN proposait 5 milliards de moins. L’Etat a aussi réduit l’autonomie fiscale des collectivités en supprimant plusieurs impôts locaux, comme la taxe professionnelle en 2010, la taxe d’habitation sur les résidences principales en 2021 et la CVAE, qui disparaîtra en 2030. Les ressources financières locales restantes posent quant à elles problème : la taxe foncière est basée sur des valeurs fixées en 1970 qui accentuent les inégalités [6], tandis que les droits de mutation prélevés lors du transfert de la propriété immobilière dépendent de la valeur des biens, ce qui induit un cercle vicieux : les villes ont tout intérêt à ce que les prix montent pour obtenir plus de recettes… Autant de règles fixées par l’Etat qui contraignent sévèrement la capacité des communes à mettre en place des politiques de rupture avec le capitalisme.

Dédiabolisation du RN, démonisation de LFI

Des enjeux locaux et de ces limites au pouvoir des élus préférés des Français, il est pourtant peu question dans les médias. A la télévision comme dans la presse écrite, seules les grandes villes et les stratégies d’alliance retiennent l’attention. Alors qu’un duel de second tour à la présidentielle entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ou Jordan Bardella est de plus en plus crédible, la question des ralliements vers chaque camp devient centrale. Le camp macroniste a beau renvoyer « les extrêmes » dos à dos, sa division et sa probable défaite dans des villes qu’il vise (Le Havre, Annecy, Nice, Paris, Bordeaux…) devrait démontrer l’ampleur du rejet des Français à son égard, et risque de le forcer à devoir choisir entre la gauche et l’extrême-droite l’an prochain.

Pour le RN, cette élection sera une étape majeure de sa stratégie de normalisation.

Pour le RN, cette élection sera une étape majeure de sa stratégie de normalisation. Engagée depuis presque 15 ans, celle-ci a connu une accélération spectaculaire ces derniers temps, malgré les liens qui existent toujours entre ce parti et des groupuscules d’ultra-droite violents et la condamnation de ses leaders pour détournement de fonds publics. Le parti à la flamme a en effet réussi à séduire la bourgeoisie économique à coup de déjeuners avec les patrons et de mesures favorables au capital, se plaçant ainsi comme recours pour un patronat effrayé par la gauche et constatant l’agonie du macronisme. Le RN compte aussi sur sa présence renforcée à l’Assemblée nationale pour clore les procès en amateurisme et son soutien total à la guerre de Benjamin Nethanyahou lui a permis de faire oublier son antisémitisme.

Il espère désormais en tirer profit en remportant des villes importantes dans le Sud et le Nord-Est de la France comme Toulon, Orange ou Calais, voire Nice, où son allié Eric Ciotti est donné en tête. Le parti d’extrême-droite veut aussi démontrer son hégémonie sur la droite et briser enfin le « barrage républicain ». Jordan Bardella a donc officiellement tendu la main aux LR pour des alliances au second tour des municipales. Le cas de Marseille sera scruté de près : le candidat du RN y est donné au coude-à-coude avec le maire sortant PS, tandis que la candidate LR, très loin derrière, vient de reprendre un slogan pétainiste. Son ralliement dans la deuxième ville de France enverrait un signal majeur de l’union des droites pour la présidentielle.

A l’inverse du RN, la France insoumise fait l’objet d’une diabolisation croissante. Déjà accusé de « populisme » et d’irresponsabilité budgétaire par le passé, le parti de gauche radicale est taxé d’antisémitisme depuis fin 2023 pour son soutien à la cause palestinienne [7] et désormais de complicité de meurtre par les médias suite à la mort d’un militant néonazi à Lyon [8]. Le Rassemblement national, comme le président des LR Bruno Retailleau, n’hésite plus à demander un barrage contre LFI, espérant ainsi faire oublier des liens avec des groupes violents d’ultra droite et isoler la première force de gauche du pays. Les autres partis de gauche, alliés à LFI aux législatives en 2022 et 2024, sont ainsi constamment appelés, souvent sur un ton inquisitoire, à exclure toute alliance avec ce parti « infréquentable ». Jean-Luc Mélenchon et ses lieutenants, eux, ne cèdent rien, rejettent les accusations dont ils font l’objet et rappellent que leurs liens avec la Jeune Garde s’expliquent par le besoin de protéger leurs événements face à une extrême droite menaçante et une protection policière insuffisante. Une réaction qui pourrait leur coûter le soutien de certains électeurs centristes lors de duels face au RN, mais il est encore trop tôt pour mesurer si cette séquence aura de vraies conséquences sur la présidentielle.

Une gauche divisée ?

Au PS, ces appels à isoler LFI ont reçu de nombreux soutiens. Après avoir profité des voix insoumises aux législatives, le parti à la rose veut désormais récupérer les électeurs qu’il a perdu au profit d’Emmanuel Macron depuis 10 ans. Contrairement à leurs promesses de campagne, les députés socialistes n’ont pas censuré les gouvernements de François Bayrou et de Sébastien Lecornu, arguant du besoin de stabilité et se posant en négociateurs capables de compromis pour édulcorer les aspects antisociaux des derniers budgets. Peine perdue : l’austérité se poursuit et les concessions obtenues sont extrêmement maigres. Le PS estime cependant que l’éclatement du bloc macroniste, en l’absence de candidat naturel, peut lui bénéficier, en incarnant une offre centriste à la présidentielle, autour de Raphaël Glucksmann ou de François Hollande [9]. Il espère conserver les villes qu’il détient, voire en gagner quelques autres, pour aborder la présidentielle en bonne position.

Malgré un faible nombre de maires, LFI et le RN devraient être les vrais gagnants de ces élections, actant une nouvelle offre électorale très polarisée pour 2027.

Pour se maintenir au pouvoir dans les mairies et empêcher que les électeurs de gauche ne lui préfèrent LFI, le PS a conclu dans la plupart des villes des accords dès le premier tour avec les écologistes (EELV) et les communistes. Ceux-ci espèrent en retour conserver leurs bastions et se garantir une place dans les majorités à venir, même si la concurrence existe dans certaines villes ancrées à gauche, comme à Lille ou Strasbourg. Si les états-majors d’EELV et du PCF plébiscitent les alliances avec le PS au niveau local, ils ont en revanche voté les motions de censure avec LFI au Parlement. Ils se retrouvent donc coincés dans des alliances à géométrie variable, se ralliant au plus gros offrant suivant les élections. Ces choix stratégiques sont néanmoins contestés en interne. Au PCF, la section de Seine-Saint-Denis, banlieue populaire de Paris où les communistes gardent un ancrage fort, avait conclu un accord avec LFI pour éviter la concurrence. Après des pressions de la pression de la direction nationale, certaines alliances PCF-LFI demeurent et d’autres sont tombées.

Chez les écologistes, plusieurs centaines de militants ont signé une tribune contre ce choix d’alliances et certains cadres ont rejoint les listes LFI à Paris, Montpellier, Avignon ou Toulouse, souvent en raison de désaccords sur les projets locaux, comme le soutien du PS à une autoroute inutile à Toulouse.Malgré ces quelques ralliements et alliances, LFI aborde donc les municipales assez isolée. Ses victoires ne devraient donc pas être très nombreuses, hormis dans des villes populaires de la banlieue parisienne (Saint-Denis, La Courneuve, Evry), lyonnaise (Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, Vénissieux) ou lilloise (Roubaix), voire à Toulouse, ce qui lui offrirait alors une vitrine de premier plan. Dans toutes ces villes, le parti présente ses députés locaux ou des figures bien implantées, témoignant d’un ancrage territorial grandissant. Dans tous les autres cas, l’objectif de LFI semble plutôt de peser le plus possible au premier tour pour négocier ensuite avec le reste de la gauche, afin d’obtenir une présence dans les conseils municipaux, et peut-être enfin quelques sénateurs [10]. Le parti de Jean-Luc Mélenchon rappellerait alors au reste de la gauche qu’il est incontournable, sauf à risquer de perdre des villes. Malgré un faible nombre de maires, LFI et le RN devraient donc être les vrais gagnants de ces élections, actant une nouvelle offre électorale très polarisée pour 2027.

Cet article est originellement paru sur le site de la fondation Rosa Luxembourg.

Notes :

[1]  La tradition républicaine française veut que le Président de la République demande au parti ou à l’alliance ayant le plus de députés de former un gouvernement, même si la Constitution ne l’y oblige pas. Emmanuel Macron a pourtant toujours refusé de laisser le Nouveau Front Populaire (alliance de la gauche ayant le plus de sièges) tenté de gouverner et a préféré nommer des fidèles à la place.

[2] Aujourd’hui 58% des policiers municipaux sont armés. Ce chiffre s’explique par le fait que la police municipale est théoriquement complémentaire de la police nationale et de la gendarmerie, mieux formées et aux compétences plus larges, même si cette distinction tend à se réduire.

[3]  La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) mise en place par un gouvernement socialiste en 2000 et portée par le ministre du logement communiste de l’époque est une victoire législative majeure de la gauche pour assurer un logement abordable. Les amendes en cas de non-respect restent cependant trop faibles pour être suffisamment incitatives et les logements sociaux en question ont trop souvent tendance à être concentrés dans des quartiers déjà pauvres, accentuant une forme de « ghettoïsation ».

[4] Les passoires thermiques sont des logements très mal isolés où les habitants souffrent du froid l’hiver et du chaud l’été et où les factures d’énergie sont beaucoup plus élevées. Elles sont définies par le Diagnostic de Performance énergétique (DPE) à travers les notes G, F et E qui doivent être interdites à la location respectivement en 2025, 2028 et 2034.

[5] Cet outil donne la priorité à la mairie dans une vente foncière ou immobilière dans certaines zones.

[6]  En raison de cette base de calcul, un appartement des années 1960 ou 1970 est fortement taxé alors qu’il peut aujourd’hui être occupé par des ménages pauvres, notamment dans les grands ensembles. A l’inverse, les logements de centre-ville, qui n’avaient pas encore tout le confort moderne (eau courante, toilettes…) sont peu imposés alors qu’ils ont souvent été gentrifiés.

[7]  Malgré des accusations d’antisémitisme récurrentes, LFI n’a jamais été condamné pour ce motif et se contente de dénoncer les agissements du gouvernement israélien.

[8]  Les circonstances du décès de Quentin Deranque restent à éclaircir par la justice. La France insoumise a condamné ce meurtre, mais a réaffirmé son soutien au groupe antifasciste La Jeune Garde, dont le fondateur Raphaël Arnault est député LFI depuis 2024. C’est ce soutien qui est particulièrement reproché à LFI. La multiplication des intimidations et des meurtres racistes commis par l’extrême-droite, parfois avec des liens forts avec le RN, reçoit en revanche très peu d’attention.

[9]  Emmanuel Macron ne peut se représenter en 2027, ce qui nourrit beaucoup d’appétits dans son camp. L’ex-Premier ministre Edouard Philippe est déjà candidat pour 2027 et le patron des députés macronistes Gabriel Attal veut tenter sa chance. Ancien ministre macroniste et candidat LR, Bruno Retailleau espère lui récupérer les électeurs de droite partis vers Emmanuel Macron depuis 2017.

[10] Les sénateurs français sont élus par les « grands électeurs », dont les maires et les conseillers municipaux représentent 95%. LFI ne dispose aujourd’hui d’aucun siège au Sénat en raison de sa faible implantation locale, contrairement au PS, au PCF et aux Verts, qui ont chacun leur groupe.

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