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Faire du vélo électrique fait faire plus d’exercice que du vélo classique 

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Faire du vélo électrique fait faire plus d’exercice que du vélo classique 
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Et si l’on misait davantage sur le vélo électrique pour sortir du tout-bagnole ?

À l’heure où les transports représentent 34% des émissions territoriales en France, le vélo à assistance électrique (ou VAE) continue de subir de plein fouet les préjugés. Il serait trop polluant (la faute à sa batterie dévoreuse de ressources) et ne permettrait pas (vraiment) de faire du sport. 

Les données scientifiques montrent pourtant l’inverse. Non seulement c’est un levier efficace pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles, mais il est aussi peu polluant et encourage l’activité physique… surpassant même en moyenne les vélos traditionnels. 

Le vélo électrique, une voie pour sortir du tout-voiture

Depuis plusieurs années, les gouvernements qui se sont succédé sous la présidence d’Emmanuel Macron se montrent incapables de maintenir une politique de décarbonation des transports dans la durée. Lancé en 2023 par Elisabeth Borne en mai 2023, le plan vélo, qui visait à “définitivement inscrire le vélo dans le quotidien de tous les Français”, a été revu à la baisse après avoir pendant un temps été menacé de suspension. Un rétropédalage d’autant plus absurde que le vélo, notamment électrique, présente un intérêt très important pour sortir du tout-bagnole. Rappelons que se passer de voiture est la meilleure action individuelle que l’on puisse faire pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

À l’échelle mondiale, on dénombrait en 2022 280 millions de vélos électriques et de cyclomoteurs. En remplaçant les voitures thermiques sur de courts trajets, ceux-ci permettent d’économiser un million de barils de pétrole par jour, soit 1 % de la demande mondiale (selon les estimations de Bloomberg New Energy Finance en 2022). 

Ils peuvent difficilement se substituer aux longs trajets réalisés en voiture, mais le potentiel est énorme quand on sait qu’en France, plus des deux tiers des trajets de 1 à 10 km sont réalisés en voiture. Selon l’ADEME, 13 % des abonnés de VAE (en location longue durée) renoncent aujourd’hui à l’achat d’une voiture et 12 % se sont séparés d’une voiture (10 et 4 % pour les vélos classiques). La baisse de l’utilisation de la voiture est encore plus prononcée chez ceux qui achètent un VAE (-226 km/mois, contre 188 km/mois).

Source : ADEME / Diagnostic d’évaluation des services vélos (2021)

Des batteries peu polluantes

L’intérêt des VAE pour le climat est d’autant plus grand que ceux-ci sont bien plus abordables que les véhicules électriques, mais aussi moins polluants. Selon une analyse de la chercheuse Anne de Bortoli (professeure associée à l’Université du Québec à Montréal et chercheuse associée à l’École des Ponts ParisTech), l’empreinte carbone du vélo électrique sur l’ensemble du cycle de vie n’est que de 13 g CO2e/km parcouru (si le vélo est utilisé sur 20 000 km), contre 60 à 75 g de CO2e/km parcouru pour une voiture citadine électrique, et plus de 100 g CO2e/km parcouru pour les voitures thermiques. 

C’est à peine plus que le vélo “musculaire” (sans assistance électrique), dont l’empreinte carbone s’élève à 10 à 12 g de CO2e/km parcouru. 

En France, précise Anne de Bortoli, 94 % de l’empreinte carbone d’un vélo à assistance électrique (roulant 20 000 km) est due à sa fabrication, et seule une toute partie à son usage. Tordant le cou à l’idée selon laquelle “la batterie, ça pollue”, l’experte précise enfin dans son analyse que si “dans une voiture électrique, on embarque plusieurs centaines de kilos de batterie, celle d’un vélo électrique ne pèse que quelques kilos. Les émissions de GES générées par ces batteries sont très faibles comparativement.” 

En somme, développer le vélo à assistance électrique permettra de produire moins de voitures électriques, donc d’utiliser moins de batteries et de métaux. 

Les usagers de vélos électriques surpassent les cyclistes “traditionnels”

L’un des principaux clichés qu’on entend quand on parle de vélo, c’est que ce ne serait réservé qu’à une petite partie de la population (en premier lieu de riches hommes blancs urbains). En réalité, ce mode de transport est plébiscité par 83 % des Français. 

En offrant une plus grande facilité d’usage pour des personnes peu sportives et âgées, le vélo à assistance électrique s’adresse à un public potentiellement encore plus large. Une étude (Castro et al., 2019) a même montré que l’âge moyen des utilisateurs de VAE était plus élevé que celui des amateurs de vélo classique (48,1 ans contre 41,4 ans).

Surtout, comme le montre cette étude réalisée dans sept villes européennes, ce mode de transport permet de réaliser des distances moyennes plus importantes qu’avec un vélo classique, et donc de remplacer plus facilement l’usage de la voiture (la distance de déplacement moyenne pour un VAE s’élève à 9,4 km, contre 4,8 km pour les vélos “musculaires”). 

Résultat : les utilisateurs de vélos à assistance électrique exercent, selon cette étude, une activité physique (mesurée en minutes d’équivalent métabolique par semaine, ou MET) un peu plus intense que les cyclistes “traditionnels” (4463 versus 4085 minutes MET par semaine). En d’autres termes, ceux-ci “surcompensent” la moindre intensité de l’activité (la consommation d’énergie corporelle lors du pédalage en vélo électrique étant 24 % plus faible à celle des vélos, à distance identique) par de plus longues distances parcourues. 

En revanche, les cyclistes qui se “convertissent” au vélo électrique enregistrent une perte d’environ 200 minutes MET par semaine. 

Le gain en matière d’activité physique se mesure surtout chez les “non-cyclistes” adoptant un vélo à assistance électrique : ceux qui troquent la voiture pour le VAE font en moyenne 550 minutes MET de plus par semaine. En d’autres termes, les bénéfices santé sont toujours présents, et pour une population plus large.

Une occasion à saisir en pleine crise énergétique

Tous ces arguments justifieraient la relance d’un “plan vélo” ambitieux. D’autant plus à l’heure où le cours du pétrole est à 115 dollars en répercussion du blocage du détroit d’Ormuz. Lorsque les prix du carburant sont élevés, démontre une étude (Chevance et al., 2024) parue dans la revue Nature, les politiques visant à développer des modes de transports plus sains et moins polluants sont généralement plus efficaces qu’en temps normal. 

Ce serait donc le moment parfait pour annoncer des aides massives à l’électrification des transports, dont le vélo à assistance électrique qui s’impose comme un mode de transport à la fois peu polluant, bon pour la santé et capable de se substituer à une large part des usages de la voiture. Sortir du modèle du tout-voiture et du pétrole est une urgence vitale à la fois sur le plan climatique et social, et il est grand temps d’aider tous les ménages français à s’en donner les moyens.

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